Si vous venez passer quelques jours de vacances dans la région de Lorient, vous entendrez évidemment parler du Festival Interceltique qui se déroule depuis 1971 les dix premiers jours d’août. Impossible d’y échapper : c’est aujourd’hui un des plus grands festivals d’Europe qui accueille environ 700 000 festivaliers. L’esprit, la qualité de sa programmation et l’ambiance si particulière font le succès de ce rendez-vous. Pour celles et ceux qui débarquent, ou qui voudraient en savoir un peu plus : explications…

Vous avez dit celtique ?

Mais qu’est-ce que c’est que ce « celtisme » qui donne le « la » de ce Festival international ? Les Celtes seraient un peuple dont on retrouve des traces dès l’âge de fer et à l’époque médiévale. Nous ne sommes pas historiens donc, nous en resterons là. Ce que nous retenons, c’est que le mot « celtique » fait référence à la langue et à la culture qui font de certaines régions du monde, des Nations Celtes : l’Irlande, l’Écosse, le Pays de Galles, la Cornouaille, l’île de Man, et de la Bretagne bien entendu. Des pays où la langue celtique est encore parlée (dans une certaine mesure) : le gaélique irlandais, le gaélique écossais, le gallois et le breton. D’autres régions du monde revendiquent un héritage celte sans avoir conservé la langue, comme le Portugal et l’Espagne dont la Galice, les Asturies et la Cantabrie.

Comment se traduit aujourd’hui cette celtitude ?

D’abord par une forte solidarité entre nations celtes, en témoignent le nombre important de jumelages entre les communes bretonnes et irlandaises, galloises… Et puis, il y toutes ces histoires qu’on raconte et qu’on chante, pleines de poésie, de magie et de légendes. La nature y a toujours bonne place et les druides ne sont jamais loin. Aujourd’hui, le Festival Interceltique de Lorient offre une belle vitrine de cet esprit celte, dans la musique, comme dans les arts. Il faut y aller pour comprendre.

La culture celte cultivée bien avant 1971

À Lorient, tout commence en 1971. Mais il faut savoir que le rassemblement des Nations Celtes a commencé bien avant. En 1927 à Riec-sur-Belon (Finistère), puis à Brest à partir des années 60 avec l’organisation du championnat de Bretagne des Bagadoù. Un différend avec la ville incite le Festival à déménager. C’est Jean-Pierre Pichard, à l’époque, penn soner de la Kevrenn Rohazhon (Bagad de Rennes), qui propose la ville de Lorient. Il sera à la direction du Festival jusque dans les années 2000.

Le Festival profite dans les années 70 d’un certain retour aux sources et de l’émergence de stars de la musique celtique comme Alan Stivel (Olympia 1972).

Le FIL, un des plus grands festivals d’Europe

Depuis plus de quarante ans, le Festival prend chaque année un peu plus d’ampleur pour devenir aujourd’hui la vitrine de la culture bretonne et des musiques celtiques rassemblant plus de 700 000 festivaliers à chaque édition. Simplement incroyable. L’organisation de la nuit de la Saint Patrick à Paris et des nuits celtiques  dans des grandes villes de France comme Rennes, Nantes, Lyon et Paris ont contribué à promouvoir le Festival.

La musique celtique, « tirée vers le haut »

Le Festival Interceltique de Lorient participe à l’émergence de nouveaux artistes comme Carlos Nunez et permet également aux musiciens du monde entier de se frotter aux autres talents en participant à des concours : harpe, gaïta (cornemuse asturienne et galicienne), fiddle (violon traditionnel irlandais)… Une manière détournée d’exiger pour chaque discipline le meilleur.

Traditionnellement, les concours commencent le 1er samedi du festival : concours de bagadoù et de gaïta… ça souffle !

Les temps forts du Festival 2018 et nos recommandations

  • Pour lancer le Festival : la Cotriade le 1er vendredi
  • 1er samedi : championnat de bagadoù
  • Les [Nuits Interceltiques] : soirées incontournables pour celles et ceux qui découvrent le festival. Elles sont un concentré, une vitrine de la culture celte avec cinq dates au choix : les 4, 5, 7, 8 et 9 août à 22h. Réservation obligatoire.
  • 1er dimanche [la Grande Parade des Nations Celtes]. Un des temps forts du Festival : défilé dans les rues de Lorient des 4 000 artistes dans leur costume traditionnel, musiciens, danseurs, chanteurs qui participent à ces dix jours. Conseil : repérez bien le trajet, arrivez très en avance pour être aux premières loges. L’accès au défilé est gratuit, sauf l’arrivée au stade (pas indispensable à notre avis). Et si vous n’avez pas le courage de braver la foule, sachez que le défilé est filmé et retransmis en direct par France3…
  • Le [Festival off] : comme son nom l’indique, il n’est pas noté dans le programme officiel mais il est aussi d’une exceptionnelle qualité et participe en grande partie à la notoriété du Festival. Il a lieu dans les bars et dans la rue. Incontournable aussi. Si vous voulez découvrir les Vrillés, un groupe de rock celtique dont certains membres sont des pépites de Languidic : rendez-vous le 1er vendredi au Shamrock, pub irlandais 29 place Jules Verne.
  • Le [badge] de soutien : il coûte 5€ et participe à soutenir le festival qui est autofinancé à plus de 70%. Ce badge est à la fois un joli souvenir et donne accès à quelques lieux-clés comme la salle Carnot ou le Quai de la Bretagne.

Des stages et des expos… à faire en journée

Voir, écouter, découvrir, c’est bien. Mais faire, ce n’est pas mal non plus. Le Festival propose des stages et des ateliers. Regardez bien le programme. Nous, on a retenu les cours de danse qui permettent de participer le soir venu au fest-noz de la Salle Carnot

  • Les ateliers ont lieu salle Carnot du 6 au 10 août de 15h à 17h salle Carnot. Accès libre
  • Les festou-noz, tous les soirs salle Carnot à partir de 21h30 fest-noz (fêtes de nuit en breton) ; entrée avec badge.
  • Jardin des luthiers : cours de danses irlandaises (5€) et de danses bretonnes (gratuits),

Quelques infos pratiques

  • Tout le programme à télécharger ou à consulter en ligne
  • Le Festival sur le petit écran
  • Se déplacer pendant le Festival : des navettes sont proposées qui permettent d’éviter les bouchons sans fin. Un conseil en la matière : n’hésitez pas à avancer votre voiture au plus près de Lorient pour y attraper une navette. Si vous ratez le dernier bus (ou s’il est plein) et que vous deviez rentrer à pied, ça fera moins long à marcher…
  • La billetterie

L’hymne breton

Il sera chanté lors des nuits interceltique… on vous glisse les paroles !

Ni, Breizhiz a galon, karomp hon gwir Vro !
Brudet eo an Arvor dre ar bed tro-dro.
Dispont kreiz ar brezel, hon tadoù ken mat,
A skuilhas eviti o gwad.

Refrain

O Breizh, ma Bro, me ‘gar ma Bro.
Tra ma vo mor ‘vel mur ‘n he zro.
Ra vezo digabestr ma Bro !

Breizh, douar ar Sent kozh, douar ar Varzhed,
N’eus bro all a garan kement ‘barzh ar bed,
Pep menez, pep traonienn, d’am c’halon zo kaer,
Enne kousk meur a Vreizhad taer !

Refrain

Ar Vretoned ‘zo tud kalet ha kreñv ;
N’eus pobl ken kalonek a zindan an neñv,
Gwerz trist, son dudius a ziwan eno,
O ! pegen kaer ec’h out, ma Bro !

Refrain

Mar d’eo bet trec’het Breizh er brezelioù bras,
He yezh a zo bepred ken beo ha bizkoazh,
He c’halon birvidik a lamm c’hoazh ‘n he c’hreiz,
Dihunet out bremañ, ma Breizh